Réflexion sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Eduquer plutôt qu’interdire ?
La France envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une mesure qui soulève des questions pratiques et pédagogiques.
- Comment appliquer une telle loi ?
Le Larousse distingue clairement "éduquer" (« former en développant la personnalité ») et "instruire" (« transmettre des connaissances en délivrant un enseignement »). Pourtant, en France, le Ministère de l’Éducation Nationale porte ce libellé ambigu. Les enseignants doivent-ils se substituer aux parents pour éduquer, ou se concentrer sur l’instruction ?
Force est de constater que l’institution scolaire peine à remplir des missions supplémentaires.
La multiplication d’ateliers sociétaux ou identitaires, souvent perçus comme clivants ou inspirés de courants idéologiques (exemple. : approches wokistes) pose problème au détriment du bon usage du numérique :
- Empiètement sur les programmes : ces ateliers réduisent le temps consacré à l’instruction et à l’acquisition de compétences fondamentales.
- Risque de division : leur contenu, parfois controversé, peut polariser les élèves, les enseignants et les parents, plutôt que de créer un climat de dialogue constructif.
Les ateliers de sensibilisation aux risques numériques (cyberharcèlement, bonnes pratiques sur les réseaux sociaux, etc.) sont indispensables, mais leur efficacité dépend de leur intégration dans le temps scolaire.
Ma conviction :
La sensibilisation aux enjeux du numérique (cyberharcèlement, désinformation, protection des données) doit rester une priorité, mais elle doit être neutre, apolitique et centrée sur des compétences concrètes. C’est l’approche que je défends avec les ateliers « sans écran » de Lumérique, qui visent à responsabiliser sans endoctriner, en utilisant des supports visuels et des discussions interactives et adaptées aux jeunes du CM1 à la Terminale.
Conséquence d’une telle loi :
Les établissements scolaires, déjà en difficulté, auront-ils les moyens humains et logistiques pour faire respecter cette interdiction ?
2. Interdire ou sensibiliser ?
Plutôt que d’interdire, ne faudrait-il pas expliquer les risques et les opportunités des réseaux sociaux ? Des initiatives comme « L’atelier qui te rend plus smart que ton phone » conçu par Lumérique montrent que la sensibilisation active, sans écran, avec des supports visuels est plus efficace pour responsabiliser les jeunes.
Paradoxe : interdire, c’est aussi priver de sensibilisation. Les jeunes, privés d’accès encadré, risquent de contourner la loi sans en comprendre les enjeux.
3. Pourquoi ne pas étendre cette loi aux adultes ?
Les dérives des réseaux sociaux ne concernent pas que les mineurs :
- Désinformation : les « gourous » du web, maîtres en logorrhée persuasive, propagent des fausses informations avec un talent redoutable.
- Marketing agressif : les algorithmes transforment chaque clic en tentation consumériste, mettant à mal des budgets déjà fragiles.
En tant qu’accompagnatrice en informatique et démarches administratives, je mesure quotidiennement l’impact de ces dérives.
Mon rôle ? Apprendre à repérer les fausses informations, à décrypter les pièges du web, une compétence essentielle, pour les jeunes comme pour les adultes.
Agir sur le terrain, pas seulement légiférer.
L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans soulève des défis logistiques et pédagogiques que les établissements scolaires ne sont pas prêts à relever. Plutôt que de compter sur une loi difficile à appliquer, agissons dès maintenant avec des solutions efficaces et accessibles :
- Sensibiliser sans écran :
Les ateliers Lumérique montrent qu’il est possible d’aborder les risques du numérique (cyberharcèlement, désinformation, addiction) de manière interactive et visuelle, sans recourir aux écrans. Cette méthode fédère les enfants, les ados et les adultes autour d’un langage commun.
- Outiller les acteurs de terrain :
Former les enseignants et les parents à repérer les dangers en ligne et à utiliser des outils simples (signalement des contenus, paramétrage des comptes).
Proposer des kits clés en main pour les écoles et les associations, avec des supports visuels et des jeux de rôle adaptés à chaque âge.
- Responsabiliser plutôt qu’interdire :
Une interdiction pure crée de la frustration et pousse à contourner les règles. En revanche, donner aux jeunes les clés pour comprendre ( "Pourquoi un tel influenceur te pousse à acheter ?", "Comment vérifier une info avant de la partager ?") les rend acteurs de leur sécurité en ligne.
Mon rôle :
Montrer comment décrypter les pièges du web sans juger.
Accompagner les familles en aidant les parents à installer des contrôles parentaux ou à dialoguer avec leurs ados sur leur usage des réseaux.
Nathalie (Simple Digital) vous accompagne pour un numérique plus responsable et efficace.



